Bulletin 26

Bulletin 26 sommaire :

  • Editorial page 2
  • L’Amarhisfa 10 ans déjà page 3
  • JB ALFRED AGNES maire de Saint-Pierre page 6
  • Un assassinat mystérieux page 12
  • La reconquista page 14
  • Notes de lecture page 19

Crédits image à la une : « Ruines de la cathédrale de Saint-Pierre après la catastrophe du 8 mai 1902 » par Vatran

Editorial

L’année 2012 aura été marquée par la célébration de notre 10ème anniversaire. Pour cette raison nous n’avons pas, cette année, programmé nos habituelles sorties en communes. Celles-ci ont été remplacées par deux manifestations de circonstance :

  • L’une autour de Saint Pierre et de la catastrophe de 1902, nous ramenant ainsi aux origines de l’AMARHISFA.
  • L’autre, en novembre 2012, consacrée au bilan de nos activités.
    En mai dernier, la commémoration du 110ème anniversaire des éruptions de la Montagne Pelée a été rehaussée par la présence parmi nous, au CDST de Saint Pierre, de Bernadette et Philippe Rossignol.Par deux conférences très enrichissantes sur le fonds C8C, ils nous ont fait bénéficier de leur connaissance approfondie de ces archives nationales dont ils sont devenus de véritables experts. Cette manifestation, organisée dans le cadre du « Grand Saint Pierre », en collaboration avec la commune et la région Martinique, a été pour nous l’occasion de renouveler notre engagement sur le sujet.
    – La deuxième manifestation a pris la forme d’une exposition dans les locaux du Conseil Général de la Martinique rappelant l’activité de l’AMARHISFA durant ces dix dernières années et traçant nos perspectives pour les années à venir. Elle a été accompagnée d’une conférence de Mme Emmanuelle Clairis-Gauthier« Enfants trouvés , enfants abandonnés, quel destin ?Martinique 1707-1842 ». Ce sujet original et très peu connu a été magistralement traité et a reçu un accueil chaleureux.
    – Enfin un gâteau d’anniversaire a été partagé entre nos membres et nos sympathisants lors d’un déjeuner dansant qui a été un grand moment de convivialité.Ajoutons que ces manifestations n’auraient pas pu se réaliser sans l’engagement et la disponibilité d’une équipe dévouée. Qu’elle en soit remerciée !

Cathédrale Saint-Piere amarhisfa

« Notre-Dame-de-l’Assomption de Saint-Pierre IMG 0872C » par Anneli Salo.

Ce numéro 26 de Notre Bulletin fait le point sur ces dix ans d’activité.
Nous vous présentons également les recherches de Mme Sylvie Gendrot sur une personnalité oubliée de St-Pierre après l’abolition de l’esclavage : un des premiers maires de couleur de la Martinique, Alfred Agnès.
Par ailleurs, en fouillant dans les archives, on fait parfois de curieuses découvertes : ainsi Mme Gendrot nous présente-t-elle un mystérieux assassinat perpétré à l’Ajoupa-Bouillon en1810.

Nous avons souvent répété à nos membres que les colonnes de notre revue leur étaient librement ouvertes ; Georges Aliker, dont on connaît la passion pour tout ce qui touche à l’histoire de notre région, rappelle, à travers des souvenirs de jeunesse, les liens qui rattachent les Antilles, dès leurprise de possession par les puissances européennes, à l’histoire d’un occident avide d’imposer sa domination sur le Nouveau Monde : le fameux décret de l’Alhambra promulgué par les Rois catholiques a eu, nous l’ignorions peut-être, un certain effet en Martinique, aux premiers temps de la colonisation.

Enfin, deux notes de lecture consacrées l’une à l’ouvrage de notre ami Léo UrsuletLe Bonheur l’attendait ailleurs, l’autre à un roman peu connu de Toni MorrisonLe Chant de Salomon où la généalogie tient une place importante, ferment ce numéro : le lien est ainsi fait avec ce qui concerne St-Pierre d’une part et ce qui touche à notre intérêt pour toute recherche généalogique

Guy SOBESKY

L’Hamarhisfa : 10 ans déjà!

L’Association Martiniquaise de Recherche sur l’Histoire des Familles est née en 2002 dans le contexte de la commémoration du centenaire des éruptions de la Montagne Pelée. Elle a été créée par un groupe de passionnés de généalogie encadrés par une généalogiste professionnelle dont ils suivaient pour la plupart le cours à l’Université du Temps Libre. C’est l’occasion pour nous de rendre hommage à ces pionniers, dont certains nous ont quittés, et nous pensons particulièrement à notre premier Président Alain Saint-Cyr et à Franck Orel qui ont effectué un travail de recherche très important.

Quel était l’objectif de la nouvelle association ? :

  • Favoriser les recherches généalogiques sur l’histoire des familles.
  • Œuvrer pour la sauvegarde et la diffusion de tout document concernant notre mémoire collective.
    • Un de ses premiers chantiers a été, bien sûr, St Pierre. Il s’agissait de répondre aux questions, toujours d’actualité, concernant le nombre et les noms des victimes de la catastrophe de 1902. Précisons que l’AMARHISFA n’était pas la seule sur ce chantier puisqu’elle intervenait à côté notamment des Archives Départementales de la Martinique (ADM) et de l’association Généalogie et Histoire de la Caraïbe (GHC). Aujourd’hui elle est toujours engagée sur ce sujet dans le cadre du « Grand St- Pierre» en collaboration avec la commune et la région Martinique, l’objectif étant d’aboutir à une liste exhaustive, autant que possible, des victimes de 1902. En effet le but de nos travaux est d’apporter des éléments permettant d’ériger un mausolée à la mémoire de ces victimes, monument dont l’absence est très remarquée par les visiteurs de cette ville martyre.
       
      Concrètement, une des premières actions dans ce domaine de recherche a été le dépouillement des jugements déclaratifs de décès: les équipes de l’AMARHISFA ont dépouillé systématiquement les registres d’état civil des communes de la Martinique dans lesquelles ont été transcrits ces jugements, tout particulièrement ceux du Carbet, et ont pu dresser une liste nominative d’environ 2400 disparus, liste qui a été intégrée dans la base de données disponible sur le net à l’adresse : www.stpierre1902.org. Aujourd’hui l’AMARHISFA doit poursuivre et achever le travail de dépouillement des dossiers du fonds C8C entamé par GHC. En effet le fonds C8C, conservé aux Archives Nationales de l’Outre Mer (ANOM) basées à Aix en Provence est une des sources principales de nos informations sur les disparus et les sinistrés. Il contient les dossiers de demandes de secours qu’avaient déposées les sinistrés après la catastrophe de 1902. Il s’agit d’un travail long et minutieux utilisant une codification particulière afin de permettre une exploitation informatique. S’agissant des disparus, une recherche généalogique est souvent nécessaire pour connaitre leur identité. L’autre domaine de recherche important de l’AMARHISFA a été celui des registres d’individualité. Les efforts de notre association pour œuvrer à la sauvegarde de ces documents uniques et exceptionnels pour notre patrimoine identitaire ont été récompensés. En effet, ces registres d’état civil, ouverts spécialement à la suite de l’abolition de l’esclavage en 1848, avaient servi à pourvoir les personnes anciennement esclaves d’une citoyenneté, c’est-à-dire d’une existence civile et juridique matérialisée par l’attribution d’un patronyme. Ils existaient en exemplaires uniques et la plupart d’entre eux se trouvaient encore dans les mairies dans un état de conservation très inquiétant. Aujourd’hui ils ont été pour la plupart récupérés, restaurés et numérisés par les Archives Départementales. La version numérisée est consultable sur le site initié par le Conseil Général de la Martinique : Patrimoines Martinique On peut dire que l’AMARHISFA, en tant qu’association, a eu un rôle d’aiguillon et d’entraînement. Nous nous réjouissons du résultat qui constitue un grand progrès pour l’avancement de la recherche généalogique en Martinique. Les équipes de l’AMARHISFA se sont dès le début attelées au dépouillement de ces registres, c’est- à-dire de plusieurs milliers d’actes. Les résultats partiels de ce travail ont été présentés dans onze communes qui sont : Basse Pointe, Macouba, Sainte Anne, Marin, Gros Morne, Prêcheur, Saint Esprit, Case Pilote, Lorrain, Vauclin et Sainte Marie. Cela nous a permis de prendre contact avec les municipalités, de les sensibiliser à la richesse patrimoniale et mémorielle de ces registres et de les inciter à les communiquer à leurs administrés grâce aux CDROM et aux registrespapier quenous leur avons remis et qui contiennent les résultats détaillés de nos dépouillements. Ces remises solennelles ont été aussi l’occasion pour nos membres de bénéficier de l’expérience de personnalités ayant une connaissance approfondie de l’histoire et de la vie de ces communes. Elles ont été des moments de rencontre et de convivialité très appréciés. Le travail de dépouillement est pratiquement terminé et nous pourrons enfin réaliser notre objectif d’établir une base de données des patronymes attribués enrichie de renseignements puisés dans les registres d’étatcivil. Ces patronymes sont portés aujourd’hui par un grand nombre de familles martiniquaises. L’AMARHISFA s’est aussi intéressée à la question de l’immigration indienne en Martinique, d’autant plus que l’année 2003 représentait le 150ème anniversaire de l’arrivée des premiers Indiens à Saint Pierre. Il est alors apparu opportun de mener une étude sur la tranche de la population martiniquaise dont les ascendants sont issus précisément de cette immigration. Ce travail sur l’identité des familles d’origine indienne a consisté d’abord à dépouiller des actes d’état civil (naissance, mariage, décès) dans les communes des régions Nord Caraïbe et Nord Atlantique pour la période d’immigration allant de 1853 à 1883. La première étude a concerné la commune de Macouba. Outre les renseignements concernant l’âge, le patronyme ou matronyme, le numéro matricule, l’année et même la date d’arrivée, ces dépouillements ont permis de connaitre le nom des habitations en activité et de leurs propriétaires et d’en savoir plus sur les navires transporteurs, leurs noms et leur provenance. Grâce à ce travail on a pu retrouver des filiations (fils de…, fille de…) et l’origine de quelques noms indiens de Martiniquais (noms de lieux, noms de dieux par exemple). En évoquant le travail effectué sur ce chantier nous pensons à Yves Gamess,aujourd’hui disparu, qui était très impliqué dans ces recherches. Celles-ci sont loin d’être terminées. Il manque pour cela des personnes volontaires qui s’engagent à les continuer avec l’équipe présente car elle a besoin derenforts. Toujours dans le cadre du travail concernant notre mémoire collective, l’AMARHISFA a organisé des conférences sur différents sujets parmi lesquels on peut citer : Les Registres d’individualité par Mme Marlin-Godier, les Noms de famille de la population martiniquaise d’ascendance servile par Guillaume Durand, les Mariages d’esclaves par Emmanuelle Clairis-Gauthier, La Protection environnementale : l’exemple du canal des esclaves par Me Auteville, La Psychogénéalogie ainsi que La Maison Coloniale de Santé de Saint-Pierre par Didier Trystram, Les derniers Jours de Saint Pierre en 1902 par Léo Ursulet, Le Fonds C8C par Bernadette et Philippe Rossignol, et Enfants trouvés,enfants abandonnés, quel destin ?Martinique 1707- 1842 par EmmanuelleClairis-Gauthier. Le rôle de L’AMARHISFA étant aussi de permettre à tous les membres d’effectuer des recherches sur leur propre histoire familiale et d’échanger à propos de leurs découvertes,l’association a organisé des ateliers d’aide à la recherche personnelle en généalogie notamment pour l’utilisation de l’outil informatique. L’AMARHISFA a créé son site Internet : www.amarhisfa.fr. Il est alimenté essentiellement par Notre Bulletin qui résume les résultats de nos travaux et permet à nos membres de présenter leurs recherches personnelles ainsi que par « La Lettre » qui rend compte de la vie de l’association. Ce site ne demande qu’à être enrichi… Terminons par le vœu que nos équipes de travail soient renforcées en cette nouvelle année et même en cette nouvelle décennie car il reste encore beaucoup à faire. Souhaitons longue vie à L’AMARHISFA !

      Micheline SOBESKY.

      JEAN-BAPTISTE ALFRED AGNES, Maire de SAINT-PIERRE

      En 1848, Alfred Agnès fut l’un des premiers maires de Saint-Pierre. Il est avec Cyrille Bissette l’un de ces apôtres de la conciliation au lendemain de l’abolition de l’esclavage. Nous ne savons que peu de choses de cette personnalité maintenant tombée dans l’oubli, Mais, à une époque charnière d’une Martinique en pleine mutation, il est de ceux qui ont fait l’histoire.

      Son parcours d’homme public et politique :

      Entre 1832 et 1848, Jean-Baptiste Alfred Agnès est un négociant patenté de première classe et un membre influent de L’Union de Saint-Pierre, (créée dès 1845 et régulièrement constituée le 2 mai 1848). Les frères de cette loge maçonnique ont pour nom : Agnès, Berdery, Berlin, Bernard, Berne, Procope, Verdet, Cochinat…et d’autres encore, tous de St-Pierre et « qui sont intervenus avec leur vénérable le 22 mai 1848 et pendant les élections ».(Source : Suffrage universel et colonisation: 1848-1852 par Oruno D. Lara )
      Il s’engage dans la vie politique et devient membre du conseil municipal de Pierre-Marie Pory- Papy en 1848, et prend part aux événements qui précèdent la déclaration d’abolition de l’esclavage en Martinique le 22 mai 1848.
      En juin 1848, à l’occasion de l’inauguration de l’arbre de la liberté aux Trois-Bourgs, Alfred Agnès prononcera un discours appelant les nouveaux citoyens à l’oubli de vengeance et au retour au travail et à l’ordre. (Source : Journal officiel de la Martinique du 28 Juin 1848)
      Lorsque Pory-Papy est élu député de la Martiniquele 9 août 1848, Alfred Agnès est nommé à son tour maire de Saint-Pierre par l’arrêté du 21 octobre 1848, signé Perrinon, commissaire général, et Rémy-Néris, directeur provisoire de l’intérieur. (Source : JOM du 25 octobre1848) En décembre 1849 Jean-Baptiste Alfred Agnès est promu au grade de chevalier de la légion d’honneur pour ses « honorables services dans l’administration municipale de la Martinique ».
      Il s’absente un an pour congés à Paris de novembre 1850 à novembre 1851, période pendant laquelle il est remplacé par Jean Pierre Morestin puis Eugène Therme.
      Pendant cette absence, le 5 janvier 1851, il est présent avec Bissette, à Bayeux (Calvados), à la cérémonie du sacre de Monseigneur Le Herpeur, premier évêque de Fort de France, il sera le fondateur du petit et du grand séminaire à Saint-Pierre. (Celui-ci arrive à la Martinique en 1851 ; initialement, le siège épiscopal devait être établi à Fort-de-France mais la ville ne s’était pas encore remise du tremblement de terre de 1839). Mgr Le Herpeur fait le choix de résider à Saint-Pierre et devient « évêque de Saint-Pierre et Fort-de-France ». Saint-Pierre est alors la capitale de la Martinique et l’église du Mouillage est érigée en cathédrale.* Alfred Agnès est de retour avec Bissette et débarque à Saint-Pierre le 23 novembre 1851, où il reprend ses fonctions de maire jusqu’en 1853. En 1866, il est membre du Conseil général de la Martinique

      Son parcours personnel ;

      Au-delà d’une simple biographie, celui-ci apporte un nouvel éclairage sur ce que fut l’homme et le maire, Alfred Agnès :
      Le premier document où apparaît son nom est l’enregistrement de son acte d’affranchissement, fait à Saint-Pierre le Mouillage, le 18 juillet 1831. Jean-Baptiste Alfred Agnès est alors âgé de 22 ans, ce qui nous laisse supposer une naissance vers 1809, puisqu’avant cela, il est inconnu des registres de l’état-civil comme toute la population servile de la Martinique.
      Acte 172 : Affranchissement de Marie Victoire, demeurant à St-Pierre, porteuse d’un titre de liberté émané du Général Rochambeau1;- à elle délivré, ainsi qu’à ses deux enfants, Victoire Madelaine, âgée de vingt-cinq ans et Jean-Baptiste Alfred Agnès, âgé de vingt-deux ans, par Mr le Gouverneur Dupotet2 en date au Fort-Royal du vingt-cinq juin dernier, contresigné Dessalles3, procureur général du Roi- Enregistré à l’état civil de la ville de St-Pierre le dix huit juillet mil huit cent trente un. Signé Toussaint Montanary4
      Alfred Agnès se marie l’année suivante, le 12 novembre 1832, à Saint-Pierre avec Jeanne-Rose Sophie Sainte-Yves dite Philinte, surnommée Rosilia. Il a 23 ans, elle, 20 ans ; elle est la fille de deux mulâtres libres de Saint-Pierre: Joseph Philinte dit Saint-Yves, commerçant décédé et Thérèse Amalbert.
      Dans cet acte, Jean-Baptiste Alfred Agnès est dit « …négociant, domicilié en cette ville paroisse du Mouillage, né en la dite paroisse ainsi qu’il en résulte d’un acte de notoriété le treize septembre mil huit cent neuf, le dit acte délivré par Mr le juge de Paix de ce canton […], fils majeur & naturel de demoiselle Marie Victoire marchande (au même domicile), ci-présente & consentante au mariage ».
      L’acte de notoriété, était le seul moyen pour une mère non affranchie (ici liberté Rochambeau), de reconnaître ses enfants, le plus souvent mulâtres, et de préserver leur héritage ; cet acte de notoriété, (Note 1)
      leur tenait lieu d’acte de naissance. Cela pouvait être aussi un moyen détourné pour le père biologique (blanc) de donner des biens ou de l’argent à ses enfants naturels, devant notaire.
      Les signatures sont aussi riches d’enseignement : excepté Marie Victoire, la mère de l’époux, toutes les personnes présentes savent signer et la qualité de leur signature démontre qu’ils ont une excellente éducation ; ainsi, même en n’étant pas affranchi, Jean-Baptiste Agnès a pu bénéficier de l’instruction de maîtres d’école, sans doute de couleur libre, ce qui lui a permis de devenir négociant. Parmi les témoins ont relève plusieurs noms : 1è François Adolphe, 22 ans, Habitant domicilié paroisse du Fort, 2èSémëy de Lavallée, 30 ans, commis de négociant, domicilié paroisse du Mouillage, 3èPierre-Marie Pory, 53 ans, ancien négociant et 4èJean Yves Symphore, 23 ans habitant domicilié paroisse du Fort. Entre 1833 et 1839, le couple est domicilié rue Saint Jean de Dieu, paroisse du Mouillage et quatre enfants naissent de cette union.
      En février 1834, il est lui-même témoin, à Fort-Royal, au mariage de Jean Philippe Fabien, frère de Louis Fabien fils, condamné en 1824 à la déportation et à la marque avec Bissette et Volny.Le 14 avril 1845, Rosilia, l’épouse d’Alfred Agnès décède à l’âge de 32 ans. Cette période de sa vie personnelle coïncide avec son implication croissante dans la vie de Saint-Pierre : en tant que négociant, frère maçon puis en tant que conseiller municipal et maire.
      En Mai 1849, il est témoin au mariage à Fort-Royal de Louis Etienne Thou et Alexandrine Auguste Félicité Zénaïde Bissette, 4ième fille de Cyrille Bissette (mes ancêtres à la 5ième génération).

      Note 1 :
      1: Donatien-Marie-Joseph de Vimeur de Rochambeau (vicomte): Gouverneur de la Martinique en 1793. Libertés pour fait d’armes &libertés Rochambeau. Depuis toujours à la Martinique des libertés avaient été accordées pour fait d’armes. A partir de 1789, pour augmenter les effectifs, les autorités en accordèrent pour « service militaire », Rochambeau utilisa beaucoup ce mode de recrutement en 1793.Les Anglais occupant l’île l’année suivante confirmèrent les libertés signées de Damas et de Béhague, excluant celles de Rochambeau. Les autorités françaises feront de même en revenant au pouvoir mais finiront par les reconnaître discrètement vers 1830. (Source: http://www.geneafrance.org/rubrique.php?page=libre).
      2: Jean-Henri-Joseph Dupotet, Contre-amiral, « Héros de la bataille de Trafalgar », il est nommé gouverneur de la Martinique, par ordonnance du Roi le 16 aout 1830. Peu après son arrivée, les esclaves, qui avaient espéré leur libération avec la monarchie de juillet, se soulèvent à Saint-Pierre ; Dupotet proclame l’état de siège le 10 février 1831, des commissions militaires sont organisées pour «juger les individus pris les armes à la main, ou reconnus complices ou fauteurs de la révolte ».
      3:Pierre François Marie Dieudonné DessallesConseiller au Conseil souverain de la Martinique, Procureur Général, tint un « Journal » durant presque toute sa vie « La Vie d’un Colon à la Martinique au XIXème siècle». Chargé d’instruire l’affaire Bissette, signataire de l’arrêt du 12 janvier 1824 qui condamne Bissette et ses amis.
      4 :Toussaint Montanary, officier d état-civil de la ville de Saint-Pierre de 1828 à 1839, mentionné dans : Les Noms de famille de la population martiniquaise d’origine servile de G.Durand.

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3 commentaires sur “Bulletin 26

    • Gilles AGNES

      j’ai parcouru avec grand intérêt cet article!
      Je m’appelle Gilles AGNES et j’ai toujours entendu parler de mes origines martiniquaises sans en connaitre le détail exact.Je savais qu’il avait contribué à l’abolition et que la fontaine AGNES de St Pierre constituait le lien avec son histoire ;
      Vous avez surement réveillé mon intérêt à confirmer mes liens familiaux avec Jean -baptiste Alfred AGNES qui pourrait être mon arrière arrière grand père.
      Je vous en remercie.

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